Discours sur le femminisme

Discours sur le femminisme

Discours à l’assemblée des délégué-e-s du PS Suisse

Les mouvements de libération des femmes ont permis une remise en cause des rôles sexués et ont permis aux femmes de conquérir des droits fondamentaux, comme le droit de vote ou  le droit à l’avortement. Et pourtant, en dépit de ces avancées, notre société reste profondément sexiste et discriminante.

Les femmes* sont les plus touchées par le chômage et la précarité. En Suisse, les femmes* ne contrôlent pas un dixième de la fortune et elles reçoivent moins d’un quart du revenu total. Mais ce n’est pas tout : en Suisse, plus d’un tiers de toutes les femmes* travaillant à plein temps gagnent moins de 4000 francs par mois et tout juste 7.5% d’entre ellesgagnent plus de 8000 francs par mois. Les femmes* exercent souvent des activités plus mal payées que les hommes et travaillent plus souvent à temps partiel, mais elles assument aussi, et de loin, la part la plus importante du travail domestique essentiel, mais non rémunéré. C’est notamment le cas pour la prise en charge des enfants ou les soins apportés aux proches : selon l’Office fédéral de la statistique, les femmes ont accompli, en 2013, 62% du travail non rémunéré et 38% du travail rémunéré. Dans toute la Suisse, le temps consacré au travail non rémunéré dépasse celui du travail rémunéré. L’Office fédéral de la statistique estime la valeur monétaire de ce travail non rémunéré effectué à 401 milliards de francs pour l’année 2013. En Suisse, les femmes touchent 40% de moins de rentes de vieillesse que les hommes.

C’est aussi le mouvement féministe qui n’a cessé d’exiger une forte réduction du travail rémunéré pour redistribuer d’une façon totalement nouvelle le travail rémunéré et le travail non rémunéré. Cette revendication n’est pas nouvelle, mais elle est centrale : comme le rappelle très bien le document : « une telle répartition des différents travaux nécessaires socialement entraîne une participation quasi complète des deux sexes au marché du travail et remédie ainsi à l’absence, souvent déplorée, des femmes* suisses bien formées sur le marché du travail ».

La réduction du temps de travail doit passer aussi par la rémunération du  travail de « care », par la bonifications pour tâches éducatives lors du calcul des rentes AVS, qui est actuellement de manière largement insuffisante, par la redistributions équitable du travail de « care » payé, par l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et l’imposition individuelle car, hommes et femmes doivent à l’avenir être traité de façon égale, indépendamment de leurs statut civil ou de leurs sexe.

Les femmes* sont très minoritaires au pouvoir et dans le domaine politique. Nous sont encore et toujours largement sous-représentées et les parlements sont dominés par des hommes d’un certain âge. Ce papier fait des propositions concrètes pour augmenter les femmes dans les institutions, mais également au sein du parti, notamment en proposant de quotas. Ce sont en majorité les femmes* qui subissent la violence domestique, verbale, sexuelle ou d’autres formes de violence. Presque chaque femme* est confrontée à cette violence au cours de sa vie.  il faut donc agir pour que la culture, l’éducation, les mentalités mettent un terme à ces discriminations et évoluent vers l’égalité

Les luttes pour l’égalité nous nous permettent de revendiquer aujourd’hui la représentation de toutes les identités de genre et orientations sexuelles dans la société. Nous avons  montré que nous pouvons lutter contre les discriminations, afin de repenser les rapports de sexe et opter pour une autre société.

Le papier de position fait une très bonne analyse de la situation et de la discrimination à l’égard des femmes dans le monde du travail, dans la politique et de manière générale dans la société. Il est une contribution importante amenée à l’occasion du jubilé des 100 ans des femmes* socialistes. Mais il n’est pas seulement une document des femmes pour les femmes. Il est la base du travail pour tout le Parti socialiste pour lutter contre les discriminations et pour développer aussi dans le parti une perspective et un changement d’attitude envers les femmes et dans la société. L’égalité de toutes et tous doit être un pilier central de la réflexion et de l’action politiques.  Ce papier n’est qu’un premier pas, les thèmes de politique en matière d’égalité doivent occuper une place centrale au sein du parti. Il faut un plan d’action qui montre par quelles mesures concrètes le parti s’appropriera ce thème au cours des prochaines années ; il faut dans le PS davantage de ressources pour le travail féministe.

Car, au final, le féminisme n’est pas une question de sexe : c’est une question de valeurs, c’est un choix de société.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *