Ouverture des Journées littéraires de Soleure

Ouverture des Journées littéraires de Soleure
Ouverture des Journées littéraires de Soleure

Lors de l’ouverture des Journées littéraires de Soleure, j’ai pu prononcer un discours dans les trois langues nationales :

Sehr geehrtes Publikum

In meinem Wohnort Lumino im Tessin befindet sich die Bibliothek in einer ehemaligen Molkereigenossenschaft. Ein Zufall? Wahrscheinlich nicht. Bücher sind Nahrung. Unser Hunger und unser Durst danach sind nie gestillt.
Literatur ist aber nicht einfach bekömmlich. Literatur überrascht, verunsichert, irritiert. Sie sucht nach einer Sprache für bisher Unsagbares. Sie kann uns aus der Fassung bringen. Und sie verändert unseren Blick auf die Welt.
Wenn wir ein Bücherschrank wären, wie er draussen vor dem Landhaus steht: Er wäre fast unendlich tief. Alle Bücher, die wir je verschlungen haben, tragen wir mit uns herum. Auch wenn wir uns nicht mehr an sie erinnern.

Sie merken es: Ich spreche zu Ihnen als passionierte Leserin. Ich stehe hier aber auch als Politikerin. Als Politikerin aus der Italienische Schweiz . Für meine Anliegen stehe ich ein in Bern, wo Deutsch und Französisch dominieren. Deshalb liegt mir der Einsatz für das Italienische, meine Muttersprache, sehr am Herzen. Die Vielfalt der verschiedenen Sprachen und Kulturen ist eine grosse Bereicherung, in der Literatur wie in der Politik. Die Schweiz ist stolz auf ihre Mehrsprachigkeit. Mehrsprachigkeit bedeutet viel mehr als «mehrere Sprachen». Es bedeutet, dass wir uns ständig um die anderen Sprachen bemühen. Es bedeutet, dass wir den Mut haben, die eigene Sprache zu sprechen, auch wo es nicht erwartet wird.

 

Le giornate letterarie di Soletta puntano molto sul plurilinguismo nell’edizione di quest’anno, in particolare anche sull’italianità. Viene presentata la figura di una «Übersetzerin» , che traduce con passione da tre decenni libri dall’italiano al tedesco: Maja Pflug. Viene presentata una «traductrice», che nella città dai mille ponti, Roma, costruisce ponti verso il francese: Florence Courriol-Seita. E viene presentato un poeta e traduttore ticinese, che presta la sua voce ad altri e traduce letteratura francese verso l’italiano: Fabio Pusterla.
Tre figure i cui viaggi linguistici in direzioni diverse si incontrano qui a Soletta, permettendoci di aumentare la nostra consapevolezza del loro lavoro prezioso. Il lavoro di traduttori e traduttrici ci permette l’accesso a mondi diversi – ad altre condizioni di vita e ad altre realtà; ad altre storie umane – arricchendo così la nostra vita.

Le giornate letterarie godono di un orizzonte estremamente ampio: in Svizzera e a Soletta vengono ovviamente parlate di più lingue delle quattro citate nella nostra Costituzione federale. Sloveno, arabo e inglese sono solo alcuni esempi.
Nei prossimi giorni Soletta non è solo la capitale di un Cantone di lingua tedesca, bensì il centro del mondo che scrive e legge. Questo non da ultimo grazie a traduttori e traduttrici, nella cui officina potremmo gettare un’occhiata e scoprire la persona in carne ed ossa che sta dietro a questo lavoro. Perché il loro lavoro complesso e ambizioso non vive solo di capacità linguistiche, ma delle proprie esperienze personali.

Ho deciso di condurre tutti i lavori del parlamento in italiano. La mia non è stata una scelta meramente simbolica, ma dettata dalla consapevolezza che l’identità di un paese si basa anche sulla capacità che esso ha di riconoscere, sostenere e valorizzare le diverse componenti linguistiche e culturali che lo compongono.  Nell’ambito letterario qui alle giornate di Soletta lo fate, dando luogo ad incontri tra le diverse sfaccettature e lingue della letteratura svizzera.

 

Je m’adresse à vous en tant que lectrice, en tant que politicienne engagée – et en tant que femme. Dans les rangs du Conseil national, que je préside cette année, je ne vois pas autant de femmes que dans cette salle, aujourd’hui.

Le sexe féminin est clairement sous-représenté à la Chambre du peuple. Et quand je passe de celle-ci à la Chambre des cantons, je dois pour ainsi dire chercher à la loupe les conseillères aux États. Cette représentation si inégale des femmes et des hommes en politique reflète les inégalités qui existent dans la société en général. C’est la raison pour laquelle la promotion des femmes en politique me tient particulièrement à cœur, tout comme la mise en avant du rôle des femmes dans tous les domaines de notre société.
De ce point de vue aussi, les Journées littéraires sont très importantes : elles font la part belle à de « grandes dames » de la littérature et nous aident à poser sur l’histoire un regard qui n’est pas biaisé. Par ailleurs, avec Karen Duve, elles mettent cette année à l’honneur une autrice qui s’emploie à déconstruire avec enthousiasme et originalité les images traditionnelles de l’homme et de la femme.

 

Voyez-vous, c’est une première : seules des femmes interviendront lors de cette cérémonie d’ouverture. En réalité, cela ne devrait pas nous frapper. Je ne devrais même pas mentionner ce genre de fait, qui devrait aller de soi. Et pourtant, je le fais. Il y a tant d’autres domaines où il est encore impensable que les femmes prennent leur place. Qu’elles marquent si fortement la scène de leur présence ce soir n’en a que plus de valeur. La littérature a le pouvoir d’influencer la vision que les êtres humains ont du monde – la vision que nous avons du monde. Et cette vision, à son tour, façonne le monde – notre monde.
Je tiens à souligner encore l’effet rassembleur des Journées littéraires. Vos textes, chères autrices et chers auteurs, nous les lisons en principe chacun pour soi. C’est du moins ce que nous pensons. Car en réalité, nous les lisons avec vous. Et avec tous ceux qui se sont déjà enthousiasmés pour ces textes : l’éditeur, la correctrice, le libraire – même si, pour autant, nous n’y voyons pas tous la même chose. Les Journées littéraires nous permettent de vous rencontrer, d’échanger des points de vue, de réfléchir à l’effet que vos textes produisent sur nous et à la façon dont ils résonneront encore à l’avenir.

 

Sehr geehrtes Publikum

Texte entstehen, weil Autorinnen und Autoren den Mut haben, sie zu schreiben. Haben auch Sie Mut: Besuchen Sie eine Lesung oder eine Werkstatt in einer Sprache, die Sie nicht perfekt sprechen und nicht perfekt verstehen. Sie werden lernen und vieles mitnehmen. Und Sie werden sehen: Es lohnt sich!

Ich wünsche Ihnen, dass Solothurn Sie in den nächsten drei Tagen überrascht, Sie irritiert, Ihren Blick auf die Welt verändert. Ich wünsche Ihnen, dass Sie eigensinnigen und eigenwilligen Stimmen begegnen. Ich wünsche Ihnen, dass Ihr innerer Bücherschrank sich füllt!

 

 

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