176ème Assemblée des délégués de l’Union des Etudiant-e-s de Suisse

176ème Assemblée des délégués de l’Union des Etudiant-e-s de Suisse

Chères et Chers membres de l’Union des Etudiant-e-s de Suisse,

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté l’invitation à participer à votre 176ème  Assemblée des délégués. J’ai beaucoup de respect pour votre association et pour les sujets importants que vous traitez : l’éducation pour tous et l’adhésion au programme Erasmus+, pour n’en citer que quelques-uns. Il s’agit sans aucun doute de questions très actuelles, y compris sur le plan politique, que je suis avec intérêt. L’une des thématiques pour lesquelles je me bats actuellement au sein de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil des États, c’ est la participation de la Suisse au programme « Horizon Europe ».

Je tiens également à vous féliciter pour la campagne nationale que vous menez pour promouvoir la santé mentale des étudiants des établissements d’enseignement supérieur suisses. Nous savons que les années d’études sont très stressantes et, malheureusement, la pandémie de coronavirus que nous vivons actuellement n’a fait qu’accroître la détresse mentale de la population. Je vous remercie donc pour votre engagement en faveur du bien-être des étudiantes et par conséquent du présent et de l’avenir de notre pays.

L’égalité des genres est une question qui me tient à cœur et pour laquelle je ne cesse de m’engager dans ma vie privée et politique. Là aussi, je sais que vous êtes très actifs, et je salue le travail effectué par la Commission d’égalité de l’Union des Étudiant-e-s de Suisse (UNES).

Cette année a marqué le 50ème anniversaire de l’obtention du droit de vote par les femmes suisses. Cela n’a pas été facile à réaliser, et même si de nombreux progrès ont été accomplis, les femmes en Suisse sont toujours obligées de mener une lutte quotidienne pour faire respecter leurs droits. Il ne s’agit pas seulement de revendiquer une égalité formelle, mais surtout de sauvegarder et de promouvoir une égalité réelle entre les genres. 2021 est une année importante pour les femmes. J’espère que cette année restera dans les mémoires comme celle des revendications, et surtout des réalisations, pour assurer l’égalité salariale, pour lutter contre le sexisme et la discrimination entre les sexes, et pour éliminer une fois pour toutes les stéréotypes de genre qui sévissent encore dans notre société. Cela nécessite l’engagement constant et vigilant de tou-te-s.

Un outil utilisé pour faire progresser l’égalité des genres, qui a déjà été employé deux fois avec succès en Suisse, c’est la grève des femmes. Les grèves ont eu lieu en 1991 et en 2019. À cette dernière occasion, environ 500’000 femmes et hommes solidaires ont participé à la grève pour réclamer l’égalité. Il s’agit de la plus grande manifestation politique depuis la grève générale de 1918.[1] Si un problème réel n’avait pas été perçu, il aurait été difficile de mobiliser autant de personnes. Comme je l’ai déjà dit, la mobilisation paie : en 2019, les femmes sont plus nombreuses à entrer au parlement lors des élections fédérales. Le nombre d’élues est passé de 32% en 2015 à 42% au Conseil national et de 15% à 26% au Conseil des États.[2] Bien que l’écart entre les hommes et les femmes élus soit encore important, il s’agit d’un record pour la Suisse.

Au niveau politique, l’année 2021 sera également marquée par la 2ème Session des femmes. Du 29 au 30 octobre, au Palais fédéral, 246 femmes* de toutes les régions de Suisse discuteront des mesures les plus urgentes à mettre en œuvre pour l’égalité et des motions proposées par les commissions spéciales créées pour l’événement. A la fin de la session, des amendements seront présentés au Parlement et au Conseil fédéral. Il ne s’agit donc pas de paroles en l’air, la Session des femmes* est importante pour attirer l’attention des décideurs politiques sur les revendications actuelles des femmes*. Qui mieux qu’elles est à même de  dire quels sont les problèmes qu’elles rencontrent et quelles sont les solutions à mettre en œuvre ?

Parmi les différents domaines de la vie dans lesquels la discrimination entre les genres est présente, il y a entre aures, l’enseignement universitaire. Comme vous l’avez dénoncé dans les révendications formulées par votre commission, on costate une pénurie de femmes dans les hauts-rangs des carrières universitaires. En outre, les nombreux cas récents de harcèlement et de sexisme signalés dans les écoles polytechniques suisses sont alarmants. La motion 21.3010 du Conseil national « Campagne contre le harcèlement dans les EPF » demande au Conseil fédéral de mettre rapidement en place une campagne de sensibilisation et de lutte contre le harcèlement dans ces institutions. La motion, adoptée par le Conseil national, sera examinée par le Conseil des États.

La Stratégie Egalité 2030 adoptée par le Conseil fédéral le 28 avril 2021 est la première stratégie nationale qui vise spécifiquement à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette stratégie contient également des points relatifs à l’éducation. Par exemple, un des objectif est d’améliorer l’équilibre entre les sexes dans l’éducation, dans tous les groupes professionnels, à tous les niveaux de responsabilité et dans les organismes de décision.

Parmi les mesures prioritaires pour promouvoir cet objectif, on trouve : la part des femmes dans l’enseignement et la recherche et plus particulièrement aux postes de direction et dans les organes décisionnels des hautes écoles doit augmenter ; une plus grande représentation des hommes dans les professions de la santé et de l’éducation doit être encouragée.

Car il est vrai que l’égalité concerne aussi les hommes. J’ai beaucoup parlé des femmes aujourd’hui, mais je ne veux pas oublier les hommes et les personnes LGBTQIA+ qui souffrent de discrimination sur la base de leur genre ou orientation sexuelle. Malheureusement, je n’ai pas l’occasion aujourd’hui d’aborder toutes les questions liées à la discrimination fondée sur le genre, mais dans mon action politique et en tant que citoyenne, je m’engage en faveur de l’égalité pour tous les genres et toutes les orientations sexuelles. Les Femmes* Socialistes ont critiqué la Stratégie Egalité 2030 du Conseil fédéral comme étant peu ambitieuse, élitiste et coupable de pérenniser une vision binaire du monde. Mon objectif est de faire en sorte que la politique ne se contente pas de ce qui est décidé dans la Stratégie, mais se batte pour des décisions concrètes qui répondent aux besoins réels d’égalité pour tou-te-s.

Je vous remercie de votre attention et je vous encourage à poursuivre  votre travail au profit de l’égalité de genre.

[1] https://www.unia.ch/it/attualita/attualita/articolo/a/16938

[2] VUILLEUMIER Marie, Numero record di donne elette in parlamento, ma bassa affluenza femminile, Swissinfo, 07.07.2020

Intervention via ZOOM le 01.01.2021 lors de la 176ème Assemblée des délégués de l’Union des Etudiant-e-s de Suisse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *